Après plusieurs inaugurations et avant une éventuelle rencontre avec le Ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner, le Dalaï-lama a entamé une série de conférences spirituelles sur le bouddhisme à Nantes. Une affaire qui peut apparemment s’avérer coûteuse pour les personnes qui y assistent : 35 euros par jour sans compter le sandwich du midi. J’ai entendu des chiffres autour de 230 euros pour une semaine d’enseignement. Mais les participants qui se massent devant les grilles du Zénith nantais ne semblent pas s’en inquiéter, ils dépensent sans compter pour cet enrichissement philosophique. Il y a même un petit trafic de billets qui s’est organisé devant les portes, les conférences étant complètes depuis belle lurette.
Plus étonnant que cet engouement populaire pour le Dalaï-lama, la rencontre du chef Tibétain avec Ségolène Royal. Je ne suis absolument pas spécialiste de la politique française. Mais il y a quelque chose de pas logique là-dedans. Ce sont ceux qui critiquent le plus souvent les entorses à la laïcité du Président Sarkozy qui sont aujourd’hui les premiers à râler qu’il ne rencontre pas le Dalaï-lama.
Et on peut supposer que ce seront de nouveaux les premiers qui vont critiquer le gouvernement si des ministres rencontrent le Pape Benoît XVI à Lourdes en septembre. C’est quand même étonnant dans un pays aux origines chrétiennes comme la France. Naturellement, que ce soit Benoît XVI ou son prédécesseur Jean-Paul II, les deux Papes ont des positions morales archaïques. Mais c’est pareil pour le Dalaï-lama si on lit ses écrits – l’homosexualité salit le Karma dans le Bouddhisme tibétain, ce qui est très grave dans cette religion – et pour de nombreux autres leaders religieux.
L’argument avancé par les socialistes, c’est le courage du Dalaï-lama, son combat pour le peuple tibétain et surtout son message de paix. Rappelons qu’il a reçu le prix Nobel de la paix depuis longtemps. Je ne dis pas bien entendu que cette récompense ne soit pas méritée. Mais pour ce qu’il en est du message de paix dans le monde, on ne peut pas dire que le Pape ne soit pas à la hauteur. D’ailleurs, l’argument majeur avancé par Bertrand Delanoë pour donner à une place le nom de Jean-Paul II à Paris était justement celui du message pacificateur du Pape disparu.
Soit, des responsables socialistes vont à la rencontre du Dalaï-lama, très probablement en contre-pied avec le Président de la République d’ailleurs, alors espérons juste qu’ils sauront se taire en cas de rencontre au sommet à Lourdes le mois prochain avec notre Saint-Père…
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