Voici...

Tiroirs de rangement

Vous êtes venus à


dans le texte !

Jeudi 2 octobre 2008 4 02 /10 /Oct /2008 07:42

Le récit de la Bible qui est traditionnellement invoqué comme le plus positif par rapport à l'homosexualité est l'histoire de David et Jonathan.

Il se trouve dans le Premier Livre de Samuel, dont voici quelques extraits fondamentaux.

- Premier Livre de Samuel XVIII, 1 :" David avait achevé de parler à Saül. Et dès lors l'âme de Jonathan fut attachée à l'âme de David, et Jonathan l'aima comme son âme."

- Premier Livre de Samuel XX, 3 : "David dit encore, en jurant : Ton père sait bien que j'ai trouvé grâce à tes yeux, et il aura dit : Que Jonathan ne le sache pas, cela lui ferait de la peine."

- Premier Livre de Samuel XX, 17 : "Jonathan protesta encore auprès de David de son affection pour lui, car il l'aimait comme son âme."

Ce passage de l'Ancien Testament démontre qu'il a existé des relations fraternelles entre des hommes de la cour du roi Saül , puisque son fils Jonathan était un intime du courtisan du roi, David. Y avait-il entre ces deux hommes davantage qu'une profonde amitié ? Le seul texte aux accents sensuels dans la Bible est celui du Cantique des Cantiques. Or, le terme "aimer" qui y décrit la relation du Bien-Aimé et de la Bien-Aimée est repris dans la lamentation de David à la mort de Jonathan. Et on peut établir un parallèle entre la description de l'introduction de David à la cour de Saül et celle plus traditionnelle de l'accueil de la jeune mariée. Autre illustration de l'allusion à des relations homosexuelles, la fureur de Saül quand David l'abandonne au profit de Jonathan.

Bien sûr, certains condamnent le fait qu'il s'agit de relations homosexuelles. Ceux-là pensent qu'il s'agit simplement d'une amitié fraternelle masculine, puisqu'il n'y a pas d'allusion à une relation sexuelle. Ils insistent aussi sur le fait que David était attiré par les femmes.

Quelques remarques persos :

- Ce n'est pas parce que David était attiré par les femmes qu'il ne pouvait pas être également attiré par un homme.

- Les théoriciens qui parlent d'amitié et réfutent l'hypothèse d'un amour homosexuel sont exactement dans la logique de ceux qui interprètent, dans les apocryphes, le baiser de Jésus et Marie-Madeleine comme un acte spirituel et non amoureux.

- Un amour vrai, homosexuel ou non d'ailleurs, ne dépend pas de la quantité de descriptions charnelles dans les textes.

Notez que l'association David & Jonathan porte un nom inspiré de ce passage de la Bible.

Iconographie : Illustration du manuscrit "La Somme le Roy" (v. 1300) avec David et Jonathan qui s'embrassent.

Par Lesbicatho - Publié dans : dans le texte ! - Communauté : Culture Lesbienne
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Samedi 23 août 2008 6 23 /08 /Août /2008 09:17

Qui n’a pas, lors d’une soirée bien arrosée, un peu trop bu ? Les campagnes de prévention s’étalent sur nos écrans et à chacune d’entre-elles, les journaux insistent sur les nouveautés introduites par rapport aux précédentes. Eh bien, la première campagne contre l’alcoolisme se trouve ni plus ni moins que dans la Bible ! Comme quoi, les sages de l’époque avaient déjà saisi tous les dangers de l’abus d’alcool. Naturellement, autant certains élus s’appuient sur la Bible pour justifier un comportement homophobe ou encore pour refuser une évolution des lois sur l’euthanasie, autant – au nom de la laïcité soudainement redevenue raison d’État – ne citent-ils guère la Bible pour le côté tout à fait moderne de sa propagande contre les dangers de l’alcool.

Contrairement au Coran ultérieurement, la Bible n’interdit pas la consommation de vin. Il peut même avoir valeur sacrée dans l’eucharistie ou une place importante dans la fête, notamment avec l’épisode des Noces de Cana où le Christ transforme l’eau en vin. Mais bien souvent, nous sommes mis en garde contre les abus de sa consommation.

Il suffit de lire les textes :

- Proverbes XXIII/20 : "Ne soit pas parmi les buveurs de vin, parmi ceux qui font excès de viande."

- Proverbes XXIII/31, 32 : "Ne soit pas tenté par la belle couleur du vin qui pétille dans la coupe. Il coulera agréablement dans ton gosier, mais finalement, tu auras l’impression d’avoir été mordu par un serpent, empoisonné par un reptile venimeux."

- Lévitique X/8-10 : "L’Éternel dit : Tu ne boiras ni vin ni boisson enivrante, toi et tes fils, lorsque vous entrerez dans le sanctuaire afin que vous puissiez distinguer ce qui est saint de ce qui est profane, ce qui est impie de ce qui est pur."

- Ésaïe V/11 : "Malheur à ceux qui se lèvent de grand matin pour courir vers les boissons enivrantes et qui, tard dans la nuit, sont échauffés par le vin !"

Ces quelques extraits montrent une fois de plus une rupture avec la pratique des orgies romaines dans la société préexistante, mais que de clairvoyance dans la description des effets physiques et psychiques de l’abus d’alcool !

Par Lesbicatho - Publié dans : dans le texte ! - Communauté : BLOGS GAY
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 19 août 2008 2 19 /08 /Août /2008 08:08

Quand on effectue une recherche sur les interdits du Lévitique dans un célèbre moteur de recherche, on tombe invariablement sur quantité d’articles, souvent enflammés, traitant de la condamnation de l’homosexualité. La cause principale en est naturellement que membres du clergé comme hommes politiques homophobes se basent sur cette référence pour justifier leur attitude : "Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination." Souvenez-vous seulement du débat parlementaire sur le Pacs et de Christine Boutin brandissant une Bible dans l’hémicycle…

Mais rares sont les références aux autres interdits édictés dans le Lévitique, qui semblent bien souvent tombés en désuétude, excepté pour les plus évidents qui ne font que traduire le bon sens, et ce, même aux yeux des plus conservateurs.

Amusons-nous un peu avec la diététique !

En lisant Lévitique XI/1-3, on apprend que sont interdits les quadrupèdes vivant sur la terre "qui ont le sabot fendu et qui ruminent". Concrètement, sont visés ici le porc, le lièvre, le lapin, le chameau ou encore le cheval. L’application stricte de ce texte ravirait au moins la cavalière que je suis et qui se bat activement contre l’hippophagie. Peut-être devrais-je invoquer cette disposition sacrée ! Mais fini aussi alors le civet de lapin, les saucisses de Strasbourg et le salami.

Un peu plus loin, à Lévitique XI/9, on lit : "Parmi les animaux vivant dans l’eau, dans les lacs, les mers et les rivières, vous pouvez manger ceux qui ont des nageoires et des écailles." En clair, coquillages et mollusques sont proscrits. Moules-frites et autres huîtres du réveillon sont menacées. On est rassuré de voir dans l’archevêque de Bordeaux dégustant à l’Assomption des huîtres du bassin d’Arcachon !

Par Lesbicatho - Publié dans : dans le texte ! - Communauté : BLOGS GAY
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Dimanche 17 août 2008 7 17 /08 /Août /2008 09:04

La condamnation la plus claire de l’homosexualité dans la Bible apparaît à deux versets du livre du Lévitique :

- Lévitique XXVIII/22 : "Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est un abomination."

-Lévitique XX/13 : "Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable ; ils seront punis de mort : leur sang retombera sur eux."

Il faut objectivement admettre que ces énonciations sont sans équivoques pour condamner l’homosexualité. Ce sont les allusions les plus explicites, mais pas les seules, de la Bible à l’homosexualité. Nous aurons le temps d’en faire le tour ultérieurement. Bien entendu, on pourrait s’acheter bonne conscience en se disant que ce ne sont que les hommes qui sont visés. Mais sur ce point comme sur beaucoup d’autres, il s’agit d’une influence du contexte historique. Dans la société antique, le saphisme était déjà condamné, puisque la femme ne pouvait avoir un rôle actif dans une relation sexuelle. Elle était là pour s’occuper du foyer et assurer une descendance à leur époux.

Je parlais du contexte historique parce qu’il faut bien avoir à l’esprit que l’Ancien Testament (la Torah des Juifs), dont fait partie le livre du Lévitique, se veut la marque d’une rupture avec la société gréco-romaine. Or, dans celle-ci, l’homosexualité masculine était largement d’usage et même un signe de puissance et de pouvoir. Les romains possesseurs d’esclaves avaient le droit de pratiquer sur eux des actes de sodomie. Et les hommes de pouvoir de l’Empire pouvaient avoir des relations sexuelles avec des eunuques. Dans ce contexte, l’acte homosexuel devenait une humiliation pour celui qui n’avait pas d’autre choix que de s’y soumettre.

On pourrait dire que ces pratiques sont bien la preuve que l’homme est par nature bisexuel et que les désirs homosexuels sont tout à fait naturel !

Dans l’Israël de l’époque, la volonté était de créer une rupture avec la société en place. C’est très probablement pour cette raison que l’homosexualité est condamnée dans le Lévitique. La référence à la peine de mort n’est que la conséquence quant à elle de la condamnation de l’acte lui-même, la peine capitale étant monnaie courante à cette époque.

Le Nouveau Testament nous apporte un éclairage sur le fait que l’homosexualité est condamnée au même titre que d’autres pratiques fréquentes dans la société de l’époque et avec lesquelles le christianisme souhaite rompre. Il faut savoir pour cela que la cité romaine de Corinthe était réputée pour la corruption et l’immoralité qui y régnaient en maîtres. Ceci était largement encore le cas quand Saint Paul y a fondé une Église. Dans sa Première Épître aux Corinthiens (VI/9-10), il dresse la liste de ceux qui seront privés de Paradis : "Ne savez-vous donc pas que les injustes n’hériteront pas du Royaume de Dieu ? Ne vous y trompez pas ! Ni les débauchés, les idolâtres, ni les adultères, ni les efféminés, ni les pédérastes, ni les voleurs, ni les accapareurs, ni les ivrognes, ni les calomniateurs, ni les filous n’hériteront du Royaume de Dieu." Saint Paul voulait assurément faire pression sur les habitants de la ville qui semblaient bien massivement avoir été promis à un sombre avenir !

La nécessité de rompre avec la civilisation gréco-romaine est donc, comme en témoigne ce petit exemple, très largement présente dans les textes. Mais elle n’est aujourd’hui bien sûr plus d’actualité. Cette prescription concernant les homosexuels est tombée en désuétude, mais, contrairement à d’autres règles édictées par le Lévitique, aucun leste n’est lâché par les instances de l’Église à cet égard pour le moment.

Par Lesbicatho - Publié dans : dans le texte ! - Communauté : Culture Lesbienne
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus